vendredi, 13 mars 2015 08:53

Quatrième affaire de la Cour d'assises : condamné à 15 ans de travaux forcés pour parricide

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La première session de la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou a connu sa quatrième affaire ce jeudi 12 mars 2015. Il s'agissait d'un parricide, infraction consistant à tuer son père ou sa mère. Le nommé Akomagnon V...

La première session de la cour d'assises de la cour d'appel de Cotonou a connu sa quatrième affaire ce jeudi 12 mars 2015. Il s'agissait d'un parricide, infraction consistant à tuer son père ou sa mère. Le nommé Akomagnon V. est accusé d'avoir volontairement donné la mort à son père qu'il soupçonne de sorcellerie.

Les faits se passent le 23 avril 2002 à Ananvié (commune de Tori-Bossito). L'accusé décide de cacher à son père une houe que ce dernier serait prêt à brader. Alors que son père éthylique proteste et le menace de mort, le fils sortit de la douche pour l'assommer de plusieurs coups au ventre et aux épaules à l'aide du manche de l'outil agricole. La victime meurt deux jours plus tard des suites de ses blessures sans que son frère Avossè V. informé de la situation ne lui porte aide.

Le meurtrier et son oncle sont alors mis aux arrêts et inculpés l'un de parricide et l'autre de non-assistance à personne à danger. Le principal accusé reconnaît les faits et justifie qu'il a déjà vu mourir ses frères et soeurs tués par leur géniteur. Son oncle lui, justifie son inaction par ses difficultés financières. L'enquête de moralité lui est favorable contrairement à son neveu qui prend parfois de l'alcool et du chanvre indien.

A ce procès, il n'y a eu aucun témoin. Le parricide se confond en des explications contradictoires à l'opposé de son oncle dont le discours n'a pas changé. Le parquet établit que le crime de parricide est constitué et requiert contre l'accusé 20 ans de travaux forcés. L'oncle s'en sort acquitté.

La défense du parricide rétorque que le fils n'avait nullement l'intention de donner la mort à son père. Me Magloire Gnassounou n'en veut pour preuve que son client n'a pas visé la tête de sa victime à qui il a par ailleurs administré des médicaments pour calmer ses douleurs après les coups. Il aurait pu, argumente l'avocat, achever son père en lui donnant du poison s'il avait réellement l'intention de le tuer. Par ailleurs, il met un accent sur la réalité de la sorcellerie dans la société béninoise et demande la clémence de la Cour.

Celle-ci après une longue délibération rend coupable l'accusé et le condamne à 15 ans de travaux forcés. Il devra encore séjourner sept ans derrière les barreaux en plus des huit qu'il y a déjà passé.

 

Vincent Agué

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