L'heure est grave, il faut sauver la campagne cotonnière 2014-2015. C'est cet impératif qui a motivé le gouvernement à décider de faire égrener une partie de la production nationale dans les pays voisins (Togo, Niger, Burkina Faso). Le Chef de l'Etat l'a confirmé aux acteurs de la filière coton hier mardi 11 mars 2015 à Parakou lors d'une séance de travail. Producteurs et égreneurs avaient été conviés à cette rencontre pour lever les obstacles qui entravent le bon déroulement de l'égrenage du coton graine.
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La solution du gouvernement est claire : pour éviter la perte d'une partie de la production, il faut recourir aux usines des pays voisins. Les raisons ? Les usines béninoises dans leur rythme actuel ne peuvent achever l'égrenage avant la saison des pluies synonyme d'exposition de grandes quantités de coton à la mouille.
La situation s'est déjà produite l'année dernière avec à la clé une perte de 11.500 tonnes de coton non égrené. C'est ce qui fait courir le Président Boni Yayi et son ministre de l'Agriculture. Selon le point de la situation fait par Issa Azizou, 220.000 tonnes de coton sont encore non égrenées. Avec une capacité de 3000 tonnes par jour, toutes les usines n'auront égrené que 180 au bout de deux mois soit à la période d'installation des premières pluies. Les risques de mouille de coton sont ainsi de l'ordre de 40.000 tonnes.
Et comme responsable de la situation fâcheuse qui pointe, le Président Boni Yayi indexe les responsables du groupe ICA dont les cinq usines ont démarré l'égrenage avec deux mois de retard. "Le dialogue a manqué et s'il faut que je tire ma conclusion, ça provient de nos compatriotes privés", a martelé Boni Yayi. Mais le Chef de l'Etat compte sur les usines du Togo, du Niger et du Burkina Faso pour pallier la situation. Le mot d'ordre est "zéro coton dans les champs, zéro coton mouillé". Au total, ce sont 45.000 tonnes de coton graine qui seront convoyées vers ces pays. La décision est passée malgré les assurances du représentant des sociétés d'égrenage.
Toutefois le Président de la République se dit ouvert au dialogue. Il a installé un comité élargi pour étudier les questions en suspens. Elles sont relatives à l'évacuation des balles de coton fibre, la fourniture de l'énergie électrique aux usines, le zonage et la réfection des pistes rurales
Vincent Agué



