vendredi, 04 janvier 2019 19:45

Procès ICC Services : des contradictions relevées dans des déclarations ce 11è jour

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Le procès ICC Services qui se déroule à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme à Porto-Novo est à son 11ème jour ce 4 janvier 2019. Dans la matinée, la cour a poursuivi avec les auditions de Grégoire Ahizimè et Louis Biaou, ancien et actuel coordonnateur de la cellule de surveillance des structures financières décentralisées. Souleymane Chabi, ex-directeur des Services de liaison et de la documentation et Michel Allokpo, ex-chargé de mission du ministre Armand Zinzindohoué ont déposé au cours de l’après-midi. 

Alors qu’il a passé le clair de la matinée à déposer, au retour de la pause à 14h30, Grégoire Ahizimè restera encore une heure d’horloge à la disposition de la Cour. Des échanges avec surtout les avocats de la partie civile et de l’Etat, il découle qu’il est resté fidèle à sa ligne de défense. Celle consistant à démontrer qu’il a conduit de façon professionnelle le dossier ICC Services. Conséquence de son professionnalisme : les responsables de ICC Services ont vu leur demande de régularisation rejetée par 2 fois. Au cours des débats, les ministères des Finances, de l’Intérieur et de la Justice ont été pointés du doigt pour une absence totale de synergie. Donc, le contexte n’a pas permis de désamorcer la bombe ICC Services  et le président Cyriaque Edouard Dossa de s’interroger sur la Centif, une autre structure du ministère des Finances dont la mission qu'est la lutte contre le blanchiment des capitaux aurait permis de démasquer ICC Services. C’est pourquoi, à la requête du président de la CRIET, le procureur spécial devra non seulement s’employer à faire comparaître l’ancien ministre des Finances, Idriss Daouda mais aussi les chefs d’agences de certains établissements bancaires avec lesquels Emile Tégbénou opérait des transactions sur d’importantes sommes d’argent.

Ce sera l’occasion de voir s’ils ont accompli leurs parts d’obligations vis-à-vis de la Centif. La suite de ce procès a été meublée de confrontations. D’abord entre Grégoire Ahizimè et Emile Tégbénou au sujet de la caution de 220 millions à payer par ICC Services pour sa régularisation. L’ancien responsable de la cellule de surveillance des structures financières décentralisées ne s’y reconnaît toujours pas. Et la cour de s’interroger  sur la logique qui voudrait qu’en même temps où il clame avoir rejeté le dossier de ICC Service, Grégoire Ahizimè leur négocie un cabinet qui va les aider à faire aboutir leur projet de régularisation administrative. Au cours de sa déposition, Michel Allokpo a également déposé en tant que sachant. Non seulement, il a enfoncé son ancien patron, Armand Zinzindohoué qui aurait de solides relations avec Tégbénou et le pasteur Guillaume Sogbossi, mais il aussi donné à la cour l’opportunité de relever des contradictions flagrantes quant à ses relations avec les responsables de ICC Services. Le témoignage de Souléymane Chabi, ex directeur des services de liaison et de la documentation, se résume en l’ignorance de l’existence de ICC Services. Aucun rapport ne lui avait été fait à ce sujet par ses services.

Suspendu vers 17 heures 30, ce procès se poursuit lundi.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

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