lundi, 09 février 2015 12:17

Affaire Ahossi contre Chabi Sika : L'ANLC va saisir la justice

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Après les communiqué, lettre et conférences de presse dans l'affaire d'accusations de malversations financières contre le député Karimou Chabi Sika, le dossier va à présent atterrir devant le Tribunal de Première Instance de Porto-Novo. Ainsi en a décidé l'ANLC (Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption)...

 Après les communiqué, lettre et conférences de presse dans l'affaire d'accusations de malversations financières contre le député Karimou Chabi Sika, le dossier va à présent atterrir devant le Tribunal de Première Instance de Porto-Novo. Ainsi en a décidé l'ANLC (Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption) suite à sa saisine par le gouvernement pour faire la lumière dans le dossier. Son président l'a annoncé vendredi 6 février 2015 à la presse.

Mais la sortie médiatique avait pour but avant tout de présenter à l'opinion les informations recueillies des différents protagonistes de l'affaire. Ainsi, selon Guy Ogoubiyi, l'ANLC a auditionné tour à tour l'assemblé plénière du COS-LEPI, puis les députés protagonistes dans cette affaire. Il en ressort que le contrat de prestation entre le COS-LEPI et GEMALTO qui aurait occasionné les présumés transferts de retro-commissions au profit de Karimou Chabi Sika via la société BUSINESS ENGINEERING, a suivi la procédure régulière de signature. Le conseil des ministres et la direction du contrôle des marchés publics y ont joué leurs rôles respectifs selon le président du COS-LEPI.

Les principales parties maintiennent leurs versions

De Léon Basile Ahossi, auteur de la lettre ouverte dénonciatrice, l'ANLC rapporte qu'il soutient que son collègue Karimou Chabi Sika est bel et bien actionnaire majoritaire de la société BUSINESS ENGINEERING. Léon Basile Ahossi tient comme preuve de ses allégations, l'extrait du registre de commerce daté du 3 février 2015 selon lequel Monsieur Chabi Sika est toujours actionnaire majoritaire de la société, ce que réfute l'intéressé.

Le député visé par les accusations, clarifie de son côté a avoir effectivement créé la société, mais s'en est retiré depuis 2012. Il avance comme preuve, un extrait du registre de commerce en date du 25 janvier 2013 attestant de son retrait de ladite société. Karimou Chabi Sika rectifie qu'il a cédé ses parts à deux nouveaux actionnaires : Babossi Herman Sambiéni Gnammi et Calixte Coovi Zinzindohoué.

L'ANLC charge la justice de clarifier cette contradiction entre les extraits de registres de commerce pour démontrer l'effectivité ou non du retrait de Karimou Chabi Sika de la société qu'il a créée.

Par ailleurs, l'ANLC a sollicité la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières pour éclaircir des décaissements importants de fonds du compte de la société. "Des motifs et destinations des décaissements importants opérés en si peu de temps sur le compte ECOBANK n° 0070121107206002 de BUSINESS ENGENEERING : 103 511 762 FCFA décaissés entre le 13 et le 17 Juin 2014 au profit de personnes physiques méritent d'être clarifiés".

Léon Basile Ahossi et la question du groupe électrogène

Pour ce qui est des soupçons pesant sur Léon Basile Ahossi au sujet du groupe électrogène défectueux loué au COS-LEPI, l'ANLC a pu retenir de différentes confrontations que c'est plutôt C.I.E.B.I., une société appartenant au frère du député qui en a obtenu contrat avec une société prestataire du COS-LEPI, OPEN VISTA. Mais l'ANLC se demande tout de même si "l'existence de ce lien de parenté [a] une quelconque incidence sur les conditions de passation du marché entre OPEN VISTA et la société C.I.E.B.I.".

Le ministre de la Justice sollicité

En plus de saisir la justice, l'ANLC par la voix de son président, Guy Ogoubiyi demande au Chef de l'Etat de faire prendre par le ministre de la Justice, "les diligences (...) afin qu'il instruise en conséquence le Procureur de la République pour une plus grande célérité dans la gestion du dossier".

 

Vincent Agué

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