vendredi, 11 janvier 2019 17:53

Procès ICC services : l'audition de Clément Sohounou, ex-directeur départemental Mono-Couffo de ICC Services

0
0
0
s2smodern
powered by social2s

Le procès ICC Services est au 15è jour à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) ce 11 janvier 2019. C’est Clément Sohounou, ex-directeur départemental Mono-Couffo de ICC Services qui a été aujourd’hui le principal client de la formation judiciaire présidée par Cyriaque Edouard Dossa. A travers l’interrogatoire qu’a subi cet accusé, la Cour cherche à comprendre comment l’argent des déposants a disparu

Menuisier de son état, Clément Sohounou a été chef d’agence ICC Services à Lalo dans le département du Couffo. C’est en cette qualité qu’il faisait office de directeur départemental Mono-Couffo et gérait l’argent des déposants. Effectivement, c’est sous sa houlette que ICC Services a étendu ses activités dans ces deux départements. C’est à la fois un homme sincère et naïf qui a déposé ce vendredi devant la CRIET. Sincère parce que, tel qu’il conçoit désormais les choses, il a déjà tout perdu et il ne lui reste qu’à dire la vérité. D’où les larmes qu’il a laissé échapper sans pour autant émouvoir la cour. Naïf, parce qu’il a relaté les choses du prisme sous lequel il les voit, donc tel qu’il les conçoit. Il n’est pas instruit et n’a  pour le moins  qu’une vague compréhension du crime qui est reproché aux responsables de ICC Services.

Du reste, Clément Sohounou a essayé vaille que vaille de satisfaire la cour qu’appuyait le collège des avocats. A peine en deux années d’activités, il était devenu propriétaire d’un hôtel à Klouékanmè, un parking riche de plusieurs voitures, une buvette et était devenu responsable d’une ONG. La cerise sur le gâteau, il était auteur ou inspirateur de libéralités. Sur ce plan, il y en a vraiment eu dont un véhicule Pick-up offert à la gendarmerie de Klouékanmè. Alors, pour l’accusé témoignant devant la cour, sa fortune provient des activités qu’il menait parallèlement à celles de ICC Services dont le commerce d’essence de contrebande dans lequel il a investi 22 millions de FCfa. Toujours recherchant comment l’argent de ICC services a été dépensé, le Procureur spécial, Ulrich Togbonon soupçonne que les responsables de ICC services ont été amenés à suppléer l’Etat béninois pour le paiement de salaires aux fonctionnaires. Trois milliards sont en jeu.

Clément Sohounou déclare avoir entendu parler de la sollicitation dont ICC était l’objet. Quand il lui a été demandé comment les déposants étaient payés, il s’est juste contenté de répéter ce qu’il avait entendu de la bouche de ses supérieurs, à savoir que des sociétés se chargeaient de fructifier leur argent.

L’audition a été suspendue à 16 heures. Elle sera reprise lundi.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

Lu 1431 fois
0
0
0
s2smodern