mardi, 08 janvier 2019 17:40

Procès ICC Services : d’anciens responsables d’établissements bancaires ont comparu

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13ème jour d’audience à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Porto-Novo ce 8 janvier 2019. Aujourd’hui, il était question de savoir si l’argent des déposants était vraiment fructifié par les responsables de ICC Services ; et de quelle façon. Pour cela, elle a été aidée par des techniciens en science agropastorale et bancaire. D’anciens responsables d’établissements bancaires avec lesquels Emile Tègbènou opérait ont aussi comparu. 

 Avec l’allure qu’ont pris les débats ce mardi, il faut reconnaître que la Cour a changé de méthode. Elle a opté faire parler des techniciens dans l’objectif de passer de l’incertitude à la certitude quant à la façon dont ICC Services s’y prenait pour payer les déposants à 160% de taux annuel. La ligne de défense de Guy Akplogan, Ludovic Pamphile Dohou et Emile Tègbènou mettait en doute la conviction de la Cour, selon laquelle l’argent des derniers servait à payer les premiers déposants.

De l’audition de Richard Lokossou, vétérinaire à la retraite, Marius Sodjinou Aïna, ingénieur agricole, directeur adjoint de la programmation et de la prospective au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, il se révèle  contrairement à ce que prétendent ces responsables de ICC Services que les investissements dans l’agropastorale sont loin d’induire ce niveau de rentabilité qui puisse permettre de satisfaire 160% de taux annuel de paiement aux déposants. Encore que, d’une part, les trois responsables de ICC Services ont quelque peu varié quant aux spéculations agricoles sur lesquelles ils investissaient, et d’autre part, Guy Akplogan n’opérait pas de placement en ligne contrairement à ce qu’ils ont tout le temps fait croire. Donc, e-Gold n’a jamais existé.

Alors, pour apprécier l’inaction des structures de l’Etat  notamment le ministère de l’Economie et des Finances dans l’ampleur prise par ICC Services, la cour a commencé à faire comparaître les responsables d’agences d’établissements bancaires avec lesquelles Emile Tègbènou opérait d’importantes transactions financières. Ont-ils respecté la loi sur le blanchiment de capitaux et alerté la Centif ? Sur la question, Thierry Mèhouénou directeur d’agence BOA de Porto-Novo entre 2009 et 2012, qui répondait sur un ton quelque peu belliqueux, a été renvoyé par la Cour. Il doit comparaître de nouveau ce mercredi. Thierry Mèhouénou donnait l’impression de ne pas être au courant des instructions de la BCEAO et de la loi sur le blanchiment de capitaux. Quant à Armelle Hodonou, chef d’agence Société générale à Porto-Novo de 2009 à 2011, elle a informé la Cour que sa banque avait alerté la Centif sur les opérations suspectes de Emile Tègbènou qui s'élevait à 100 millions de francs Cfa au moment où la loi ne permet que 50 millions.

Les auditions ont été suspendues peu avant 19 heures et devront reprendre ce mercredi avec le même parterre voire plus, de techniciens, sachants et autres témoins.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

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