lundi, 26 août 2019 12:37

Condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme pour vol

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La quinzième affaire connue par le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, est une affaire de vol aggravé disqualifiée en vol. Elle a fait comparaître une jeune fille actuellement âgé 18 ans et mère d’un enfant. Celle-ci totalisait les 16 ans d’âge au moment des faits. Elle écope de 18 mois d’emprisonnement ferme.


Les faits remontent à décembre 2017 à Cotonou, où l’accusé, une fille très tôt orpheline de mère (à l’âge d’un mois) a été confiée par son père à l’une de ses tantes paternelles, après le décès de sa grand-mère qui s’occupait d’elle depuis la disparition de sa mère. Il ressort du récit des faits, que la jeune fille a l’habitude de fuguer de la maison, fuyant les mesures de punition de ses mauvais actes. Prétextant un jour de se rendre aux toilettes, alors qu’elle se trouvait avec sa tante sur son lieu de vente au marché Dantokpa, elle se rendit à la maison pour s’emparer de la caisse dans laquelle la tante mettait une partie de ses recettes journalières. Elle alla la défoncer avec l’aide d’un menuisier, avant de s’enfuir avec les numéraires que contenait la caisse. Après quelques achats personnels effectués, elle alla retrouver un de ses amis, auprès de qui elle a l’habitude de se réfugier dans ces fugues avec le reste du butin.

Les recherches ont permis d’appréhender les deux jeunes gens. Ayant déjà atteint l’âge de la majorité, le jeune homme est renvoyé devant le tribunal statuant en matière criminelle. Il est actuellement en attente de jugement pour recel de vol et viol sur mineure. En ce qui la concerne, la jeune fille est poursuivie pour vol aggravé. Les faits qu’elle a reconnus à toutes les étapes de la procédure comme à la barre. Mais contrairement aux déclarations de sa tante qui évalue la somme emportée à plus de trois cent mille francs CFA, l’accusée avoue avoir retrouvé dans la caisse la somme de cent quatre mille francs CFA (104.000 CFA). Plusieurs questions lui ont été posées pour comprendre ses différentes motivations dans la commission du forfait. Invités devant la cour, la tante et le géniteur de l’accusée ont été respectivement dans l’affaire. De leurs différentes dépositions, il est clairement ressorti qu’ils ne veulent pas donner une deuxième chance à leur fille.

Le père particulièrement a soutenu devant les membres du tribunal, qu’il le ferait si et seulement si sa fille rompt toute relation avec le jeune homme sus cité. Ce dernier étant devenu le géniteur d’un enfant de treize mois que sa fille a eu en prison. Une grossesse qu’elle gardait à l’insu des membres de sa famille avant son admission à la prison. Dans ses réquisitions, Jules Ahoga, représentant le ministère public au regard des dispositions légales, des pièces au dossier et surtout de l’instruction à la barre, a demandé aux membres du tribunal, après avoir défini le vol aggravé, de requalifier l’infraction en vol simple, et de condamner l’accusée au temps déjà passé en détention soit vingt mois d’emprisonnement (20mois). Le conseil de l’accusée maître Evelyne da Silva, a fait observer que sa cliente depuis sa tendre enfance a été une victime.

Selon elle, c’est la carence en l’amour maternel, qui est à la base de l’instabilité sociale, dont a fait preuve pendant longtemps la jeune fille. Elle confirme ses propos, par les récits de l’enquête sociale et du rapport d’expertise psychologique réalisés sur l’accusée. L’avocat conclut en plaidant une application douce de la loi pour sa cliente, qui selon elle a nécessairement droit à une deuxième chance. La cour se retire pour délibérer et, après avoir requalifié l’infraction de vol aggravé en vol simple, elle retient l’accusée dans ces liens et la condamne à 18 mois d’emprisonnement ferme. Cependant, elle a constaté comme l’avocat de la défense, que la vie de la jeune fille aurait été tout autre, si elle avait bénéficié de l’amour maternel. Le tribunal a dans ce cadre fait nommer un éducateur spécial pour son accompagnement psychologique et sa réinsertion sociale.

Ayant déjà passé 20 mois en prison, l’accusée recouvre désormais sa liberté.

 

Evelyne Sagbohan

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