jeudi, 22 août 2019 12:34

Un mineur coupable pour tentative de viol

Écrit par
0
0
0
s2smodern
powered by social2s

La treizième affaire connue par le tribunal pour enfants statuant en matière criminelle, est une affaire de tentative de viol. Il s’agit de la seconde de la session en cours. L’accusé un jeune garçon âgé de treize ans au moment des faits est un élève. Agé aujourd’hui de seize ans, le tribunal a dans sa délibération ordonné, qu’il soit remis entre les mains de son père qui se chargera avec l’aide d’un éducateur spécial de sa rééducation.

Les faits remontent au 14 septembre 2016 à zinvié, où l’accusé, a tenté d’entretenir des relations sexuelles avec une fillette de huit ans. Le résumé des faits font état de ce que, la fillette qui vivait dans le voisinage de l’accusé, a été envoyée acheté du poisson frais dans une poissonnerie située dans la résidence où, le jeune garçon vivait avec son père. Après avoir invité sa victime dans l’une des salles de classe de la résidence, qui n’est rien d’autre que le siège d’un centre de formation biblique, l’accusé lui a demandé de se déshabiller. Un ordre que la petite fille n’a pas hésité à exécuter. Le garçon à son tour se déshabilla et s’apprêta ensuite à commettre le forfait quand, il entendit le bruit des pas d’un passant. Il s’est alors précipité à ouvrir la porte de la salle voulant s’assurer que le passant ne venait pas dans leur direction. La fille profita de la situation pour se sauver et aller raconter sa mésaventure à ses géniteurs.

Interpellé et inculpé pour tentative de viol sur mineure, le jeune garçon a reconnu les faits tels que résumé à toutes les étapes de la procédure comme à la barre. La victime quant à elle n’a pas comparu du fait que ses parents se sont désintéressés de la procédure. Un acte qui n’empêche cependant pas l’Etat de poursuivre, le citoyen en conflit avec la loi. D’où la tenue effective du procès. Il ressort de la lecture du certificat médical de la petite fille qu’elle n’a pas été violé mais a subit une tentative de viol. L’avocat de la victime maître Lise Harry-Henry n’a pas plaidé du fait que sa cliente était absente à la barre. Le représentant du ministère public Noël Houngbo, dans ses réquisitions a d’abord imputé la responsabilité de l’infraction de viol qui ne cesse de faire parler d’elle dans les sessions criminelles aux médias et réseaux sociaux. Selon lui, des diffusions sans aucune censure sur ces médias sont les vraies causes des déviances juvéniles.

 

Il a basé son argumentation sur les propos de l’accusé qui affirme, avoir toujours suivi des scènes d’embrassade à la télévision en l’absence de son père. Il a par la suite fait remarquer au tribunal, que l’accusé avait seulement treize ans au moment des faits et donc inaccessible à la sanction pénale, selon les dispositions légales en vigueurs au Bénin. Au regard desdites dispositions, il requiert la remise de l’enfant à son père avec défense à ce dernier de confier sa garde à une personne autre que lui-même. Toujours dans le registre de la rééducation dont le petit garçon doit bénéficier, le magistrat du parquet a demandé au tribunal d’ordonner son suivi sous rapport périodique. Rapport qui devra être adressé au juge des mineurs par les assistants sociaux ou un éducateur spécial.

L’avocat de la défense maître Claret Bedié, a pour son client plaidé la clémence du tribunal. Il n’a pas manqué aussi de porter des accusations sur la société et l’Etat, qui d’après lui ne jouent plus leur rôle dans la protection et l’éducation des enfants. Il ressort de ses propos que les décideurs ne prennent aucune précaution, contre les images peu orthodoxes importées dans nos pays, et qui se diffusent à foisons dans les télévisions. Il continue son développement, s’insurgeant contre l’individualisme qui se développe dans nos sociétés. Les gens sont de plus en plus capables de manifester une insensibilité notoire face aux déviances des enfants, même si cela se passait sous leurs yeux. Ces personnes prétextent souvent à tort ou à raison, que ce sont des enfants d’autrui.

Mais, ils oublient que ces enfants sont issus de la société, et qu’il est du devoir de cette société de leur imposer le savoir-vivre au risque d’en payer les frais à travers des infractions criminelles. La cour se retire pour délibérer et retient l’accusé dans les liens de tentative de viol. Elle ordonne sa remise à son père et nomme un éducateur spécialisé pour l’accompagné jusqu’à l’âge de 18ans.

 

Evelyne Sagbohan

Lu 60 fois
0
0
0
s2smodern