Depuis la mise en ligne d'un formulaire permettant le droit à l'oubli le 30 Mai 2014, Google a enregistré 70.000 demandes d'internautes européens qui ne désirent plus voir s'afficher dans les résultats de recherche les informations avilissantes et obsolètes les concernant. Certaines entreprises de presse en ont fait les frais.The Guardian et la BBC ont constaté avec stupeur que certains de leurs articles pertinentsimpliquant des cadres et autres personnalités avaient été déréférencés. Avant le déréférencement de ces articles les auteurs ont reçus des messages leur notifiant l'effacement.
Le droit à l'oubli : d'où est-on parti ?
Un ressortissant espagnol avait introduit, auprès de l'Office espagnol chargé de la protection des données personnelles, une réclamation à l'encontre d'un éditeur de presse et de Google. La plainte est relative au fait des résultats de recherches faites sur son identité avec le moteur de recherche comportaient des liens conduisant à des articles pas élogieux à son égard. En plus, les affaires louches objets et ces articles étaientréglées à la date de sa plainte. Suite à cette requête, la Cour espagnole saisit la Cour de Justice de l'Union Européenne. L'article 8 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européennestipule que :
"Toute personne a droit à la protection des données à caractère personnel la concernant.
Ces données doivent être traitées loyalement, à des fins déterminées et sur la base du consentement de la personne concernée ou en vertu d'un autre fondement légitime prévu par la loi.
Toute personne a le droit d'accéder aux données collectées la concernant et d'en obtenir la rectification."
Après étude et en se basant sur cet article, la CJUE a décidé que Google doit supprimer les liens vers certaines pages ou certains articles de ses recherches incluant des données personnelles obsolètes et non pertinents pour les demandeursremplissant les conditions préalablement établies.
Vers une amélioration de sa e-réputation
Le droit à l'oubli a pour conséquence directe de renforcer le contrôle de l'internaute sur l'information qu'il voudrait bien laisser apparaître sur son identité. Avec l'essor des réseaux sociaux, les internautes sont de plus en plus préoccupés par les manières de protéger leur intimité. Même si plusieurs mesures sont préconisées çà et là, la décision de la CJUE vient donner une nouvelle dimension aux possibilités existantes. La magie d'oblitérer les parties sombres de sa vie sur la toile devient de plus en plus possible. Avec ça, c'est les recruteurs qui scrutent les données personnelles de leurs candidats pour faire leurs sélections qui devront changer leur fusil d'épaule.L'Union européenne prend ainsi le devant dans un domaine où l'Afrique peine encore.



