jeudi, 04 juillet 2019 16:50

Edmé Codjo sur la CAN 2019 : "On assiste à des matches couperets, au charme et à la cruauté des rencontres à élimination directe"

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Edmé Codjo, l’ancien sélectionneur de l’équipe nationale livre sa lecture sur la Coupe d’Afrique des Nations Egypte 2019 en cours, juste avant le début des huitièmes de finale. Il est revenue largement sur la participation des Ecureuils qui, pour la première fois, ont atteint le second tour de la compétition.

ORTB : Bonjour, Faîtes-nous un peu l’état des lieux du premier tour de la Coupe d’Afrique des nations ?

Edmé Codjo: Oui merci monsieur le journaliste. Huitième de finale d’abord, quart de finale, demi-finale et finale de la Coupe d’Afrique des nations.Il y a des évènements dans la vie qu’on ne raterait pour rien. Même si le destin un instant est pressé prend la pause pour assister ce dénouement. Les équipes qui sont à cette étape de la compétition, ce n’est que rien que du mérite. On ne vient pas là par du hasard. Présentement, on assiste à des matches couperets, au charme et à la cruauté des rencontres à élimination directe, ou à la fin, la joie des vainqueurs contre le visage des vaincus. Voilà ce qui attend. Donc les équipes sont qualifiées, il est important que tout le monde prenne rendez-vous avec l’ORTB pour mieux savourer cette étape de la compétition.

Le Bénin joue demain le premier huitième de son histoire face au Maroc. Selon vous quelle sera la clé du succès ?

De toutes les manières vous avez vu et nous avons vu. La force des Ecureuils depuis les préliminaire s’était de jouer en bloc bas, de contenir l’adversaire et placer des contres. Ils ne peuvent maintenant pas changer à cette étape puisque depuis un an, leur ADN est basée sur leur force. Vous avez vu le dernier match, ils ont défendu au maximum, ils ont souffert mais ils n’ont pas rompu. Ils auront seulement à améliorer leur compte, leur circuit de pénétration, leur animation offensive pour ne serait-ce que faire la différence. Et comme c’est un match de coupe,tout peut arriver.

Lire aussi : CAN Egypte 2019 : le Bénin accroche le Cameroun d’un nul vierge et file en huitièmes

Pensez-vous que les Écureuils ont des arguments nécessaires pour aller loin dans la compétition ?

Loin dans la compétition. Je peux dire que cette équation serait à la hauteur de l’efficacité des Ecureuils en attaque. S’ils peuvent ne pas encaisser de but et en mettre à l’adversaire ou bien faire douter ce dernier jusque pour prolongation jusqu’aux tirs au but alors là ils vont certainement affûter les armes des meilleurs tireurs au but dans notre camps pour ne serait ce que faire la différence parce que quand on va aux tirs but, c’est cinquante cinquante. Il n’y a plus de favori. Mais à cette étape de la compétition, on va s’offrir des rencontres qui vont durer dans le temps. On peut aller jusqu’à 90 minutes, plus de 100 minutes, 120 minutes s’il y avait des prolongations et même tirs aux buts. Donc il faut avoir du répondant physique, il faut avoir des ressources pour tenir jusqu’au bout de la rencontre.

On ne s’attendait pas voir l’équipe au tour suivant. Certainement elle a des atouts ?

Mais naturellement l’équipe a des forces. D’abord, c’est l’investissement qui a été fait autour de ces jeunes. C’est à tous les niveaux. Que ce soit vous les journalistes, le gouvernement, les joueurs, l’encadrement technique. C’est un lourd investissement. Aller faire près d’un mois au Maroc en altitude dans des hôtels huppés. Une mission, des moyens et des hommes. Voilà ce qui fait le succès des Ecureuils pour le moment.

Quelles sont les équipes qui vous ont impressionné parmi les 24 ?

Il y a l’Algérie qui m’a surpris parce que entre l’Algérie qu’on a vu au niveau des préliminaires et celle qu’on voit aujourd’hui est étonnante. Vraiment on sent qu’ils ont pris du poids de la bête. Trois victoires en trois sorties. Il y a aussi l’Egypte. Il y a aussi le Cameroun. Il n’y a pas d’efficacité devant les buts mais vraiment ça joue au football, ça bouge,ça déménage. Il y a les Maliens et le Madagascar. Donc on peut aller à l’école à l’instar de ce qu’on a vu en champions league cette année avec Ajax et Napoli. Ça veut dire qu’on peut avoir une équipe de jeunes talentueux et rêver. La preuve, Madagascar a été premier de sa poule.

La participation des Ecureuils à la CAN cette année ne justifie t-elle pas l’évolution du football béninois ?

La révélation du football béninois. Quelque que soit alpha présentement quand on comptera les nations de football qui ont atteint un seuil dans le monde entier, on citera le Bénin. Mais attention. Ne faisons pas que ça soit ensemble un feu de paille parce qu’il faut préparer. C’est une chaîne. Est-ce que les minimes prochainement en sortant vont connaître le même éclat ? Est-ce que nous veillons à préparer les cadets, les juniors et les séniors ? Il faut pas que cette révélation soit l’arbre qui cache la forêt. Donc il va falloir aller en profondeur pour que l’assertion qui nous préoccupe soit cernée.

Quel message avez-vous à l’endroit des 24 nations et en particulier le Bénin ?

Message non. Ma voix est très infirme (rire) pour pouvoir leur lancer un message. Je dirai tout simplement de prendre du plaisir parce que l’histoire ne se répète pas. Même si elle se répète, l’âge qu’ils ont cette année ce n’est pas ça qu’ils auront l’année prochainement. L'événement qu’ils sont en train de vivre actuellement ne reviendra plus peut-être sous cette forme. Peut-être pas pour tout le monde. Autant vivre l’évènement. Merci

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