Trois jours après les élections législatives du 26 avril 2015, les résultats du scrutin se font toujours désirer. Le corps électoral attend de la Cena la proclamation des grandes tendances et de la Cour constitutionnelle la publication des résultats provisoires. Dans ce flou d'où rien ne transparaît et où les inquiétudes grandissent, entre autres pour le respect des délais légaux, la Cour constitutionnelle a jugé utile de lever un coin de voile sur les diligences en cour dans ses coulisses.
Avant tout, Théodore Holo, Président de la haute juridiction, a tenu à préciser que le délai de 72 que la loi lui prescrit pour proclamer les résultats provisoires court à partir de la réception de la dernière cantine de la Cena. Or son institution n'a pas encore reçu l'ultime caisse scellée de l'instance organisatrice du vote. Mais en attendant, les membres de la Cour et quelques autres agents assermentés veulent prendre les devants et travaillent "non stop" sur les documents électoraux déjà à leur disposition. Et apparemment, ça avance. "Nous avons pratiquement fini l'Atlantique. Nous avions également commencé le Plateau que nous avons fini. Et maintenant nous avons entamé l'Ouémé", a confié le Président de la Cour hier mercredi 29 avril.
Le travail de la Cour constitutionnelle est avant tout un exercice de vérification. "Sur les feuilles de dépouillement, nous devons nous assurer que le bureau est au complet, que les partis ont des représentants et que ces représentants ont émargé pour confirmer l'authenticité des informations qui nous sont données", explique le Professeur Théodore Holo.
Le professeur précise par ailleurs qu'au terme de ce travail, les chiffres qui sortiraient pourraient largement différer de ceux publiés par la Cena. Contrairement à cette dernière qui ne peut faire que compiler les résultats issus des bureaux de votes tels quels, la Cour constitutionnelle a le pouvoir de faire des réajustements. Valider un bulletin initialement considéré comme nul par les agents électoraux ou inversement est de son ressort exclusif. "Au niveau de la Cour constitutionnelle, par exemple, nous pouvons rétablir le vote réel et valider ce bulletin qui avait été annulé dans le bureau de vote. La Cena n'a pas cette possibilité", souligne Théodore Holo. De ce fait, "il n'y a aucun lien entre les tendances que pourrait donner la Cena et la proclamation que donne la Cour constitutionnelle", conclut-il.
Mais à quand alors ces fameux résultats ? Théodore Holo veut surtout donner la priorité à la sérénité du traitement des données. "Nous ne pouvons pas confondre la rapidité et la précipitation. Nous devons vérifier les informations qui nous sont parvenues des bureaux de vote, consignées sur les PV pour être sûrs que les résultats que nous proclamons sont réellement le choix exprimé dans les bureaux de vote par l'électeur. Parce que c'est ça qui est le plus fondamental". Les candidats et leurs électeurs devront donc encore ronger un peu leurs freins.
L'autre phase est celle des recours. C'est seulement après la proclamation des résultats provisoires que la Cour constitutionnelle peut recevoir les plaintes de ceux qui ont à réclamer. A partir de ce moment commence encore le processus de gestion du contentieux électoral qui peut être long.
Maurice Thantan
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