Contrairement à certains pays qui ont choisi de fermer leurs frontières face à la menace de la fièvre hémorragique Ebola, le Bénin a opté pour une solution moins radicale. Il s'agit de la mise en place ou du renforcement des postes de contrôle sanitaire. Ainsi donc, les postes de contrôle aux frontières du pays se voient doter d'un bloc de santé spécial. Ceux où il en existait ont désormais une attribution supplémentaire.
Un tour à Hilacondji, à la frontière Bénin-Togo nous a permis de nousrendre compte du fonctionnement de ces dispostifs. Ici, tous les voyageurs doivent transiter par le bloc sanitaire avant ou après les formalités policières habituelles. Le dispositif semble être nouveau, mais on assure que ce n'est pas le cas. Selon Etienne Assa, contrôleur d'action sanitaire, le poste de contrôle existe depuis 2010. Il s'est juste adapté à l'épidémie d'Ebola. "Aujourd'hui, le contrôle n'est pas que la vaccination. On doit prendre d'abord la température des passagers, et si la fièvre est élevée chez quelqu'un avec les autres signes qu'on doit rechercher, on réfère ces derniers à Grand-Popo pour une prise en charge", explique-t-il.
Suivre les passagers entrant sur le territoire national
Au delà de ce contrôle automatique, les agents du poste collecte également des renseignements sur tous les voyageurs à destination du Bénin. Cela permet aux services de santé de tracer ces derniers et de les retrouver si des cas suspects sont éventuellement signalés. Les mêmes dispositifs sont pris en compte pour les corps en bière qui doivent être transférés à l'intérieur du pays. Ces contrôles ralentissent l'élan des voyageurs. Mais conscients de la maladie, ces derniers s'y prêtent dans la bonne humeur. Ils suivent également les recommandations des agents sanitaires notamment en ce qui concerne le lavage des mains.
Du matériel de travail adapté
Pour mener ce contrôle, le ministère de la santé a doté les postes sanitaires de matériels de protection individuelle. Ceux-ci sont composés de masques, de cache-nez, de lunettes, de blouses longues, de tabliers, etc. Il existe également des tenues entières à usage unique pour le traitement des cas suspects.
Le Bénin assure ainsi une action préventive face à l'épidémie d'Ebola qui a déjà fait plus de 2400 morts dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest.
Maurice Thantan



