mardi, 02 août 2016 17:00

Crise énergétique, coton et boucle ferroviaire : Talon dévoile ses solutions

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A l'occasion de la célébration du 56ème anniversaire de l'indépendance, le président de la République s'est livré à un exercice inédit. Patrice Talon s'est entretenu pendant plus de deux heures sur la télévision nationale avec des journalistes mais aussi avec un public 

A l'occasion de la célébration du 56ème anniversaire de l'indépendance, le président de la République s'est livré à un exercice inédit. Patrice Talon s'est entretenu pendant plus de deux heures sur la télévision nationale avec des journalistes mais aussi avec un public composé de personnalités de la société civile du monde syndical, de jeunes et de chefs d'entreprise. Il a répondu aux diverses questions sur sa gestion et sa gouvernance. Retour sur trois grands sujets qui ont marqué l'entretien : la retour des privés dans la gestion du coton, la crise énergétique et la question de la boucle ferroviaire.

Il n'y a pas plus opérationnel que Pascal Irénée Koupaki

L'entretien du chef de l'Etat s'est ouvert sur une question sur le fonctionnement du gouvernement. Le rôle des deux ministres d'Etat ont été évoqués notamment celui du ministre d'Etat secrétaire à la présidence dont le rôle semble aux yeux de certains protocolaire. En répondant à la question, le Chef d'Etat s'est voulu précis sur la fonction de Pascal Irénée Koupaki :

"Il assure la fonction de secrétaire général à la présidence. Dans cette fonction je pense qu'il n'y a pas plus opérationnel que lui (...). C'est lui qui, à mes côtés, organise toute l'action gouvernementale dans tous les secteurs d'activités (...). C'est mon collaborateur le plus direct à la présidence et dans l'action gouvernementale."

L'Etat ne va plus subventionner le coton mais percevra une taxe

L'Etat aurait injecté directement ou indirectement plus de 150 milliards de francs dans la filière coton en trois années de 2012 à 2015. Cette situation aurait fragilisé les finances publiques. Patrice Talon a expliqué que la décision de rétablir l'Association interprofessionnelle du coton répondait à l'impératif de revenir à une situation normale. En effet, le président de la République a expliqué que la reprise en main par l'Etat de la filière coton était une forme de représailles politiques de l'ancien régime contre sa personne alors qu'il était encore le magnat de l'or blanc. Patrice Talon estime que cette crise était finie et qu'il était nécessaire de permettre aux acteurs privés de gérer le secteur et par la même soulager le trésor public. "Nous avons décidé que ce soit les acteurs par eux mêmes qui prennent la filière en main de manière normale", a-t-il expliqué.

Mieux, le président de la République a annoncé que le gouvernement ne va plus subventionner la filière coton. "Nos finances publiques ne subventionneront plus la filière coton", a martelé Patrice Talon avant d'expliquer les raisons de cette initiative :

"J'estime que la communauté globale, le Bénin a suffisamment fait d'effort pour la filière et que la filière est mûre pour voler de ses propres ailes. Mieux, j'ai instauré une taxe sur l'exploitation du coton pour que l'Etat jouisse de l'exploitation du coton. Elle démontre notre volonté de mettre la filière coton dans le giron du privé".

Fin du délestage en octobre

Le gouvernement, en conseil des ministres le 4 mai dernier, a annoncé la fin du délestage pour fin décembre 2016. Au cours de son entretien d'hier, le chef de l'Etat a surpris en reculant cette échéance. Pour Patrice Talon, le problème de délestage va être corrigé bien plus tôt, à partir du mois d'octobre. Pour y parvenir, le président a annoncé un certain nombre de mesures en cours ou déjà prises par le gouvernement. Premièrement, le gouvernement va louer des groupes pour produire de l'électricité en complément de ceux acquis à l'extérieur et des centrales déjà existantes.

"Nous allons procéder à un appel pour louer des groupes. Ce qui est certain, à la fin du mois d'octobre, début novembre, nous aurons un parc suffisant de centrales de location pour suppléer au déficit d'énergie provenant du Nigeria et du Ghana."

Le président de la République a reconnu que la mesure est exceptionnelle et sera employée pour pallier la crise actuelle. Il a aussi assuré que le gouvernement va déployer un plan pour que le Bénin devienne autonome en production d'énergie électrique avant la fin de 2018.

Vers la fin du conflit autour de la boucle ferroviaire

Le conflit opposant l'homme d'affaires béninois Samuel Dossou au français Vincent Bolloré au sujet de la réalisation du chemin de fer Cotonou-Niamey dans le cadre de la boucle ferroviaire sous-régionale a également été évoquée. Pour le président de la République, c'est une situation qui paralyse l'activité économique nationale.

Il faut rappeler que le groupe Bolloré avait obtenu l'accord pour la réhabilitation du chemin de fer Cotonou-Niamey dans le cadre de la boucle ferroviaire. Mais cet accord est contesté par l'homme d'affaires béninois Samuel Dossou. Une décision de justice datant de 19 novembre 2015 avait obligé le l'industriel français à suspendre les activités de son groupe sur ce dossier.

Après avoir expliqué que la seule victime du conflit entre les deux hommes est la nation béninoise, Patrice Talon a annoncé qu'il a entrepris des discussions et obtenu les accords de principe de chaque protagoniste pour sortir de la crise :

"Il est possible de sortir de ce guêpier. J'ai des solutions que j'ai proposées aux uns et aux autres et (...) j'ai reçu le consentement des uns et des autres pour engager ce dossier dans une voie de sortie peut-être un peu différente de ce qui se fait jusqu'à maintenant. Toujours est-il que je pense, j'espère que assez rapidement, nous allons sortir de ce guêpier là".

Maurice Thantan (@seigla)

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