Ils étaient des milliers à descendre dans les rues de Natitingou hier lundi 16 novembre 2015 pour réclamer la reprise des cours. Du Ceg1 Natitingou à la préfecture en passant par la direction départementale de l'enseignement secondaire et l'hôtel de ville, les élèves ont exigé la fin de la grève des enseignants qui paralyse les écoles, collèges et lycées du Bénin depuis le 20 octobre 2015.
Les enseignants réclament la signature de leurs statuts particuliers, mais le gouvernement estime ne pouvoir supporter l'incidence financière excessive qu'induit le texte. Ce blocage a motivé la descente des élèves de Natitingou dans la rue.
Mais le cri de coeur des apprenants risque-t-il cependant d'être entendu de si tôt ? Pendant qu'ils battent le pavé, le dialogue de sourds continue entre syndicalistes et gouvernement. L'exécutif se refuse à signer les statuts particuliers en l'état parce que, explique Jules Guézodjè Salanon, conseiller technique à la médiation et au dialogue social du ministère de l'enseignement secondaire, "ça nous amène dans des situations que le gouvernement ne peut pas gérer". En effet, l'incidence financière des statuts particuliers serait estimée à une masse salariale de 152 milliards de francs, ce qui correspond à un ratio masse salariale/recettes fiscales de 62 %, largement au dessus de la limite de 35 % autorisée par l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa).
En face, le porte-parole du Front d'action des trois ordres de l'enseignement dit ne pas comprendre le refus obstiné du gouvernement, arguant que le Togo aussi membre de l'Uemoa dépasse les limites fixées par l'organisation sous régionale.
Face au blocage, Jules Guézodjè Salanon suggère que le gouvernement et les partenaires sociaux reviennent encore une fois à la table des négociations afin de trouver un accord qui soit "gérable par le gouvernement".
Maurice Thantan (@seigla)



