jeudi, 13 novembre 2014 16:34

CEDEAO : le Tarif Extérieur Commun, un couteau à double tranchant ?

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Une date retient l'attention dans l'espace CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Celle du 1er janvier 2015 qui verra entrer en vigueur le TEC (Tarif Extérieur Commun) pour développer les économies des pays membres. Dans son mécanisme le TEC consistera en l'application

Une date retient l'attention dans l'espace CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Celle du 1er janvier 2015 qui verra entrer en vigueur le TEC (Tarif Extérieur Commun) pour développer les économies des pays membres. Dans son mécanisme le TEC consistera en l'application uniforme par les Etats de l'espace CEDEAO, des mêmes taux de droits de douane sur des importations en provenance de pays tiers. C'est ce que l'inspecteur des douanes Honoré Padonou, explique de façon simplifiée en ces termes : " Si vous importez un bic [Ndlr : stylo] au Bénin, le taux de droit de douane qu'on vous appliquera sera le même qu'au Nigéria, en Côte d'Ivoire..."

Le TEC pour protéger les marchés nationaux

Le Tarif extérieur commun au sein de la CEDEAO permettra de protéger le marché des 15 pays membres contre les invasions d'importations extérieures. En réalité, l'application du TEC doit rendre plus chers les produits des pays hors CEDEAO qui entrent dans l'espace ouest africaine. C'est l'analyse que fait Daniel Tchékounou de la Direction de l'Intégration régionale. Le TEC est "une ceinture autour de la communauté qui permet de protéger la production locale".

L'autre avantage du TEC selon lui, est son incitation à "l'investissement dans la région".

L'inspecteur des douanes, point focal du TEC-CEDEAO, voit aussi dans le TEC un outil de stimulation de la production locale. Ainsi, les entreprises nationales devraient créer de l'emploi et booster l'économie de leurs pays respectifs. Selon Honoré Padonou l'achat des produits manufacturés en provenance de pays étrangers ne profite qu'à ceux-ci, détruisant par la même occasion "nos industries" nationales.

Le TEC n'est pas une panacée

Le Tarif extérieur commun est pourtant loin d'être une pratique économique sans inconvénients. Selon Daniel Tchékounou, les économies des pays membres de la CEDEAO essentiellement tournées vers l'importation, vont subir des revers de l'application du TEC. Les produits importés reviendront plus chers pour les consommateurs.

Dans son application le TEC de la CEDEAO sera en conflit avec celui de l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine) en vigueur déjà dans les huit pays de la zone CFA ouest-africaine également membres de la CEDEAO.

Au-delà de ses avantages avérés, le TEC pourrait causer des détournements de trafic entre les pays, étant donné que les tarifs préférentiels sont appelés à disparaître. Ainsi, d'après Daniel Tchékounou, le Bénin pourrait perdre des importateurs au profit du Nigéria ou encore du Togo du fait de "pratiques" qui découragent les importateurs au port de Cotonou.

Mais le Bénin s'apprête à se conformer à cette nouvelle donne, rassure Elie Santos, spécialiste du Tarif extérieur commun à la Direction générale du développement industriel. Certes il n'existe pas encore une politique claire, mais "la préparation du Bénin est en cours", confie-t-il.

 

Vincent Agué

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