La crise au Burkina Faso et l'épidémie d'Ebola étaient au coeur du sommet extraordinaire de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) ce jeudi 6 novembre 2014 à Accra. Les dirigeants ouest-africains ont pris des résolutions sur ces deux dossiers brûlants de l'heure dans l'espace CEDEAO.
Sur la crise politique au Burkina Faso, la CEDEAO a décidé de la mise en place d'un groupe de contact dirigé par le Président sénégalais, Macky Sall, pour faciliter le processus de transition. La CEDEAO a aussi invité la communauté internationale et les partenaires à ne pas imposer des sanctions au pays, mais à le soutenir dans "cette période délicate". On se rappelle que l'Union africaine menace de sanctions le Burkina Faso si l'armée ne transmet le pouvoir aux civils dans les 15 jours à compterdu 1er novembre. Le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a commenté la décision de l'UA. Pour l'homme fort du Faso, "ce délai n'est pas un problème, ce qui importe, c'est la stabilité du Burkina".
Il faut signaler que La Communauté a entériné l'accord obtenu précédemment par ses émissaires dépêchés à Ouagadougou. Pour rappel, cet accord porte notamment sur la "levée immédiate de la suspension de la Constitution" par l'armée. Ceci devrait permettre selon le Président de la Commission de la CEDEAO, de "déclarer la vacance du pourvoir et faciliter la mise en place d'un gouvernement de transition".
Sur place les discussions se poursuivent
"La nomination urgente d'une personnalité civile" recommandée par la CEDEAO n'est pas encore intervenue au Burkina Faso. Ce qui importe pour les protagonistes, c'est la structure de la transition. "Si nous arrivons à construire une architecture de la transition, en ce moment la désignation des hommes qui vont conduire cette transition ne va pas poser de problème", a déclaré Me Guy Hervé Kam, porte-parole du mouvement "Balai citoyen", une des organisations qui ont contribué à la contestation du pouvoir de l'ancien Président Blaise Compaoré.
Hier jeudi, l'armée aux commandes de l'Etat a remis un "projet de protocole de cadrage de la transition" aux acteurs politiques et la société civile. Rien n'a filtré du document. Une rencontre est prévue ce lundi 10 novembre pour en discuter.
Ebola : il faut ouvrir les frontières !
La CEDEAO est contre les mesures de restrictions à l'encontre des pays ouest-africains ravagés par l'épidémie d'Ebola. Elle craint un ralentissement des échanges économiques du fait des mesures conservatoires prises par certains pays vis-à-vis des Etats qui font face à l'épidémie. Elle appelle les Etats voisins de la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria à ne pas fermer leurs frontières avec ceux-ci. De même, la Communauté ouest-africaine invite tous les autres pays à lever les restrictions de voyage en provenance ou à destination des pays touchés par Ebola.
Pour mieux faire face aux urgences sanitaires, la CEDEAO réaffirme son invite à ses Etats membres à consacrer au moins 15 % de leurs budgets à la santé. Tous les pays doivent élaborer leurs plans de prévention et de riposte à la maladie selon les critères de l'Organisation mondiale de la Santé.
Par ailleurs, le sommet rappelle aux Etats qui n'ont pas encore honoré leurs engagements à verser leurs contributions au fonds régional de solidarité de la CEDEAO. Les Chefs d'Etat ont félicité les pays qui se sont déjà acquittés de leurs obligations. Il s'agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal.
Vincent Agué



