lundi, 03 novembre 2014 10:26

Le Burkina Faso à la recherche d'un difficile consensus autour de la transition

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Le pouvoir d'Etat aux mains de l'armée ne fait pas l'unanimité au Burkina Faso après la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre dernier. Alors que samedi 1er novembre 2014, le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a pris les commandes de l'Etat au nom de l'armée et suspendu la Constitution, l'opposition...

Le pouvoir d'Etat aux mains de l'armée ne fait pas l'unanimité au Burkina Faso après la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre dernier. Alors que samedi 1er novembre 2014, le Lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a, au nom de l'armée, pris les commandes de l'Etat et suspendu la Constitution, l'opposition a décidé de le contester. Dimanche, elle a mobilisé quelques milliers de personnes place de la Nation à Ouagadougou pour exiger le départ des militaires et la nomination d'un civil à la tête de l'Etat pour la conduite de la transition. Mais la manifestation n'a duré qu'à peine une heure, dispersée par les militaires.

Yacouba Isaac Zida engage des consultations

Dans l'après-midi de ce dimanche, le Président auto-proclamé Yacouba Isaac Zida a tenu avec des chefs de partis d'opposition une concertation en vue d'un accord. Rien de concret n'est sorti de la rencontre. Les chefs de partis d'opposition qui n'ont fait aucune déclaration pourraient se prononcer ce lundi.

Ce même dimanche, au siège du Conseil Economique et Social où il a établi ses quartiers, le Lieutenant-colonel Zida a également reçu l'ancien Président du Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo. Ce dernier n'a exprimé aucune préférence quant à la qualité de la personne apte à conduire la transition. L'ancien Chef de l'Etat a tout simplement invité ses compratriotes au calme.

Une troisième délégation a aussi rencontré l'actuel homme fort du Burkina Faso. Il s'agit de la mission conjointe des Nations Unions, de l'Union Africaine et de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Celle-ci est clairement favorable à une transition menée par des autorités civiles. Le chef de la mission, Mohamed Ibn Chambas, l'a fait savoir en indiquant que le Burkina Faso risque des sanctions internationales si l'armée détient le pouvoir.

"La CEDEAO, l'Union africaine et les Nations unies sont engagées à continuer leurs consultations avec les uns et les autres, les parties prenantes burkinabé, pour trouver une porte de sortie conforme à la Constitution, notamment la mise en œuvre d'un organe constitutionnel avec un leader civil".

Un dimanche matin tumultueux

Avant les différentes rencontres, la journée de ce dimanche avait mal commencé. La télévision publique avait été prise d'assaut par des manifestants venus soutenir les uns un officier à se déclarer Chef de l'Etat, les autres une député à faire autant. Mais aucun des deux prétendants n'a réussi à s'illustrer devant les caméras éteintes de la télévision publique. 

Face à la cohue, l'armée a ouvert le feu pour diperser la foule. Une personne a trouvé la mort. Dans un communiqué lu par son porte-parole, le lieutenant-colonel Zida a d'ores et déjà mis en garde les fauteurs de troubles.

 

Vincent Agué

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