Le vendredi 6 février 2015, Boko Haram attaquait pour la première fois le Niger. Les localités de Diffa et de Bosso près de la frontière nigeriane ont subi deux attaques simultanées de la secte islamiste. Durant le week-end, le long de la frontière entre le Niger et le Nigeria a été sérieusement éprouvé. Samedi et dimanche, deux attaques ont visé le marché de poivrons de Diffa mais aussi la prison de la localité. Ce lundi 9 février 2015, plusieurs sites d'informations dont Jeune Afrique et RFI ont rapporté qu'une attaque de Boko Haram a encore visé la même ville. Le bilan de toutes ces violences est lourd tant dans le rang des islamistes que chez les militaires et civils nigériens. Si jusque là, les soldats du Niger appuyés par les militaires tchadiens postés aux frontières arrivent à repousser les offensives de la secte islamiste, ces assauts répétés montrent à quel point Boko Haram tient à ouvrir un autre front au Niger. Après avoir conquis une partie du nord du Nigeria et mené des incursions répétitives dans le nord du Cameroun, les islamistes de Boko Haram ne cachent plus leurs ambitions de pénétrer le Niger où certains combattants du groupe seraient déjà infiltrés au sein de la population, notamment dans les camps de déplacés.
L'attaque de ce lundi après-midi intervient au moment où le parlement nigérien s'était réuni pour approuver l'envoi de troupes pour contribuer à la force mixte multinationale en cours de création. Pourtant, la volonté de mettre en place cette force sous-régionale ne semble pas perturber outre mesure les combattants de Boko Haram. Les islamistes semblent même profiter de cette opportunité pour faire parler d'eux. C'est donc au moment de la réunion du parlement nigérien que Boko Haram dévoilait une vidéo dans laquelle son chef Abubakar Shekau se moque allègrement de l'initiative. "Votre alliance ne mènera à rien. rassemblez toutes vos armes et affrontez-nous : vous êtes les bienvenus", a-t-il lancé.
Les contours de la force multinationale définis
Le vote du parlement nigérien permet en principe au Niger d'envoyer quelques 750 soldats au front. Les dirigeants de la commission du bassin du lac Tchad, initiateurs de l'idée d'une force multinationale, poursuivent toujours les derniers réglages avant l'opérationnalisation de cette dernière. La tenue de la réunion d'experts annoncée au dernier sommet de l'Union africaine (UA) a permis de définir les contours de la coalition. Initialement prévue pour compter 7.500 hommes, son effectif est passé à 8.700. Le Tchad et le Nigeria devraient fournir les plus gros contingents de soldats : 3200 et 3500 hommes respectivement. La contribution du Bénin à la force dont le quartier général sera établi à N'Djaména n'a pas été précisée. A cette étape, il ne reste que l'approbation de l'UA et un mandat onusien pour débuter les opérations.
Maurice Thantan



