lundi, 29 mai 2017 17:44

Pollution : de Hillacondji à Cotonou, l’océan en danger sur les côtes béninoises

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Pollution d’origine industrielle, érosion côtière, menaces humaines, de nombreux dangers guettent les côtes béninoises d’est en ouest.

Pollution d’origine industrielle, érosion côtière, menaces humaines, de nombreux dangers guettent les côtes béninoises d’est en ouest.

Sur les 125 kilomètres de côtes dont dispose le Bénin, des phénomènes de pollution s’observent à plusieurs endroits et menacent les écosystèmes. A Hillacondji, c’est un phénomène étrange qui accueille le visiteur. Au lieu du bleu proverbial des vagues, l’eau de ce littoral est plutôt verdoyante. D’après des spécialistes, ceci s’explique par une pollution venue du côté de la frontière au Togo. Selon Zacharie Sohou, directeur de l’Institut de recherche océanologique, la mer prend la couleur verte, à ce niveau, à cause du rejet de la boue de vidange de l’usine de traitement du phosphate de Kpémé (Togo).

Cette pollution dure plusieurs années déjà. Elle a de nombreuses conséquences sur l’environnement. D’après les mesures des spécialistes, la turbidité (désignant la teneur d'un fluide en matières qui le troublent) de ces eaux s’élève à 23,7. Cela représente une menace sérieuse pour les tortues marines qui viennent pondre leurs oeufs aux larges des côtes. Les poissons et autres espèces vivantes de l’océan sont également sous la menace sans oublier la flore marine et côtière qui disparaît aussi.

Dans cette même localité de Hillacondji sévit également l’érosion côtière. “Si on ne fait rien, je pense qu’on aura des problèmes parce qu’il y a des populations qui sont déjà déplacées et puis si ça continue comme ça, d’ici cinq ans, le goudron est à côté et le goudron là va disparaître”, prévient Zacharie Sohou.

En cinq années, tout un village de pêcheurs a disparu sur les plages de Hillacondji. Seule la présence de vieux piquets entamés par l’avancée de la mer témoigne de l’existence dans une époque récente de cette communauté.

A Cotonou, les réalités ne sont guère différentes. Les mêmes problèmes se posent : avancée de la mère et pollution des plages. A l’embouchure de Cotonou, une importante quantité de déchets plastiques accueille le visiteur. Les déchets proviennent en grande partie du lac Nokoué, le dépotoir sauvage des populations vivant aux alentours de ce cours d’eau.

On estime que huit millions de tonnes de déchets de tout genre sont rejetées dans les océans et autres cours d’eau de la planète. Cette calamité écologique et marine est perceptible sur les côtes béninoises. Sans une prise de conscience urgente et des solutions appropriées, on risque de précipiter l’Apocalypse.

 

Maurice Thantan avec William Tchoki

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