vendredi, 07 juillet 2017 18:42

Développement humain : progrès, défis et perspectives pour le Bénin

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L’édition 2016 du Rapport mondial sur le développement humain a été lancé ce vendredi 7 juillet 2017 à Cotonou. C’était au cours d’une cérémonie officielle ayant rassemblé autour du représentant résident des Nations Unies au Bénin, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané et trois autres membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée, des universitaires et des acteurs de la société civile.

L’édition 2016 du Rapport mondial sur le développement humain a été lancé ce vendredi 7 juillet 2017 à Cotonou. C’était au cours d’une cérémonie officielle ayant rassemblé autour du représentant résident des Nations Unies au Bénin, le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané et trois autres membres du gouvernement, des députés à l’Assemblée, des universitaires et des acteurs de la société civile.

Pour sa 25ème édition, le Rapport mondial sur le développement humain a des allures de bilan sur le chemin parcouru depuis 1990. C’est sans doute la raison pour laquelle ilelle est intitulé “Le développement humain pour tous”. Ce rapport note que, globalement, des efforts ont été réalisés mais de nombreux défis restent à relever car les privations persistent, les inégalités augmentent et des éléments non répertoriés comme l’extrémisme violent surviennent sur le parcours.

25 ans de progrès

Loin de faire exception aux tendances mondiales, la situation du Bénin s’aligne sur ces indicateurs d’ordre général. Ainsi on retient que l’Indice de développement humain du Bénin est passé de 0.345 en 1990 à 0.485 en 2015 soit une hausse de 40,6 % et une croissance annuelle moyenne de 1,37%. Dans la pratique, l’espérance de vie à la naissance au Bénin a augmenté de 6,3 années, la durée moyenne de scolarisation a augmenté de 1,9 années et la durée attendue de scolarisation a augmenté de 5,4 années. Le revenu national brut du Bénin par habitant a augmenté d’environ 44,0 % entre 1990 et 2015.

Des défis persistants et nouveaux

Malgré ces progrès apparemment significatifs, le pays demeure dans la catégorie des Etats à « développement humain faible » et est classé 167ème sur 188 pays et territoires. La situation est ainsi car sur certains indicateurs spécifiques, de nombreux efforts restent à fournir. C’est le cas en matière de réduction des inégalités entre hommes et femmes, ou encore de la réduction des populations marginalisées pour des raisons discriminatoires.

Mais le rapport reste optimiste. Il relève que l’atteinte du développement humain d’ici à l’horizon 2030 est possible, y compris au Bénin. Pour ce faire il met l’accent sur quatre leviers importants sur lesquels l’on doit appuyer pour atteindre cet objectif. Il faut une "réorientation des politiques de développement humain afin d’atteindre les laissés pour compte, la suppression des obstacles rencontrés par des groupes particuliers ayant des besoins spéciaux, la mise en oeuvre de stratégies pour rendre le développement humain plus résilient et la garantie des droits des minorités par une législation anti-discrimination, un système judiciaire équitable et un meilleur accès à l’aide juridique”. Tout en approuvant ces recommandations, le coordonnateur du système des Nations Unies au Bénin a mentionné que “le développement humain pour tous nécessite de meilleures données statistiques et des analyses fines pour éclairer les politiques et les actions publiques” ainsi qu’une “réforme du système multilatéral mondial pour le rendre plus équitable”.

Des perspectives pour le Bénin

Le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané a d’abord salué les nombreux efforts qui ont été consentis par le Bénin ces dernières années en matière de développement humain. Mais il a insisté sur les actions engagées par le gouvernement et celles à venir qui concourent à la réalisation du développement humain.

Selon lui, le Bénin doit s’engager pour le futur dans des actions bien ciblées. Cela passe par des mesures spécifiques au profit des populations ayant des besoins spécifiques. Ces mesures pourraient relever de la discrimination positive pour éviter de faire des laissés pour compte, a précisé le ministre. L’autonomisation des laissés pour compte à travers l’accès aux services sociaux de base, la veille à la résilience face aux défis du développement à travers la protection sociale, la lutte contre les épidémies, la sécurité des populations et la lutte contre les changements climatiques sont les autres aspects sur lesquels il a insisté.

A ce propos, Abdoulaye Bio Tchané a mis l’accent sur des initiatives déjà contenues dans le Programme d’action du gouvernement (PAG) et qui visent à atteindre les Objectifs du développement durable. Il a cité l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) qui vise à donner une couverture sanitaire à tous les Béninois, offrir une pension à certaines couches de la population, développer les microcrédits aux plus pauvres et de la formation à un grand nombre. A cela il a ajouté la multiplication par neuf de la subvention pour les cantines scolaires dès la rentrée prochaine. Cette subvention, à en croire le ministre, devrait passer de 800 millions à 7 milliards de francs. L’objectif d’une telle mesure est de permettre aux enfants d’avoir au moins un repas par jour à l’école en vue d’augmenter leur taux de rétention dans les établissements scolaires.

Maurice Thantan

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