jeudi, 24 mai 2018 17:16

Médias : colère et indignation après la suspension du quotidien “La Nouvelle Tribune”

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Le très critique quotidien “La Nouvelle Tribune” ne paraît plus au Bénin depuis le 24 mai 2018. L’édition papier du journal dirigé par Vincent Foly fait l’objet d’une suspension décidée par le président la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication. La mesure conservatoire prise le 23 mai suscite colère et indignation dans l’opinion.

Le président de la HAAC, Adam Boni Tessi, reproche au journal des écrits irrévérencieux envers la personne du président de la République, Patrice Talon. Le quotidien “s’est engagé dans un registre injurieux, outrageant, attentatoire à la vie privée du chef de l’Etat sur la base d’un champ lexical dévalorisant”, indique la décision.

En guise d’illustration, le texte de la décision étale sur quatre de ses six pages, “quelques morceaux choisis” qui prouvent la “gravité des écrits” du journal. Les extraits cités sont tirés de neuf articles publiés entre janvier et avril 2018.

Ils violent tous selon la décision, le code de l’information mais aussi le code de déontologie de la presse béninoise.

La durée de la suspension n’est pas précisée. La mesure permettra “d’auditionner l’intéressé [le directeur de la publication, NDLR]”, a indiqué le président de la HAAC sur Radio Bénin. Il s’est par ailleurs justifié réaffirmant les griefs soulevés dans la décision.

Sanction excessive, attaque contre la liberté de presse, censure,...

Dès le lendemain de la prise de décision, des réactions de colère proviennent de partout : associations professionnelles de la presse, médias, réseaux sociaux, partis politiques, ONG…

Franck Kpochémè, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin estime que la mesure est “excessive”. Il dénie même au président de la HAAC le droit de se référer à des dispositions du code de déontologie de la presse pour sanctionner un média. La sanction de la violation de celles-ci est du ressort de l’Observatoire de la Déontologie et de l’Éthique dans les médias, a martelé Franck Kpochémè sur Radio Bénin.

Un communiqué conjoint publié par l’UPMB et le CNPA (Conseil National du Patronat de la Presse et de l’Audiovisuel) proteste :

“Les associations professionnelles des médias déplorent, sans ambages, cette volonté manifeste de museler les organes de presse qui choisissent des lignes éditoriales qui privilégient la critique. Sinon, quelle urgence peut conduire le président de la HAAC qui, sans associer ses conseillers, en arrive à suspendre un journal dont la dernière des publications incriminées remonte déjà à plus d’un mois ? Quelle urgence peut empêcher le Président de la HAAC d’inviter le responsable de l’organe concerné pour l’écouter dans le cadre de ses propres procédures ?”

Sur les réseaux sociaux, d’autres personnes, journalistes et juristes notamment, affirment leur soutien au journal “La Nouvelle Tribune”. C’est le cas des professeurs de droit, Joël Aïvo et Ibrahim Salami qui se sont exprimés sur Facebook.

 

Le site internet du quotidien lui continue de publier des contenus. On peut y lire à juste titre des réactions suscitées par la suspension qui touche le journal !

Dans son classement 2018 de la liberté de la presse dans le monde, Reporters Sans Frontières a relégué le Bénin à la 84ème place.

 

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